Chris-Ailm Beraet apprend vers ses cinq ans à la petite école, à écrire l'alphabet avec la plume et l'encre. Éprit de ce gestuel d'écriture, il découvre le monde de la calligraphie occidentale grâce à un oncle vers ses sept ans.
Au début des années quatre-vingt dix, il découvre l'écriture chinoise grâce à l'artiste Anouk, c'est pour Chris une véritable révélation. Il étudie auprès de la calligraphe chinoise Ling Hsu pendant environ deux ans. Il apprend aussi auprès d'elle, la peinture chinoise "Xieyi" à l'encre, (style spontané "Xie" signifie « écrire » et "Yi" le « sens »).
Néanmoins, Chris Ailm a toujours eu conscience de ne pas appartenir à cette culture. C'est vers 2003-2004, qu'il rejette petit à petit les codes traditionnels de la peinture chinoise grâce auxquels il avait pourtant obtenu quelques reconnaissances. Il privilégie dorénavant un style plus expressif, plus « occidental ». Une période de 2008 à 2013, sera teinté d’un cynisme satirique et caractérisé par une stylisation progressive du trait-vibrant dans une découverte de la forme.

Sa formation se complète encore, puisqu'il poursuit, des cours d'histoire de l'art, de philosophie et de psychologie.
Puis il s'inscrit de 2011 à 2015 en auditeurs libre aux cours adulte de l'EMAP Villa Thiole (école municipale d'art plastique) de Nice. Il suit auprès de différents artistes enseignants les techniques de la gravure d'art ( prof. Sylvie Maurice ), le dessin contemporain ( Anne Pesce ), la céramique et l'histoire de l'art ( Catherine Macchi ).

Il rencontre  Erika Daviet-Westphal qui le présente à Alain Boullet ( Professeur à l’École Nationale d’Art de Nice – Villa Arson de 1973 à 2001). Il se rallie un temps au sillage d'Alain Boullet et du mouvement de l'Abstration Poétique (mouvement pictural contemporain de la fin du XXe siècle dans la suite de l'Abstraction Lyrique) des dissidents de l'École de Nice.

En 2009 il rencontre et suit un apprentissage chez le peintre Christian Geai qui l'accepte dans son célèbre atelier-école de la rue des Ponchettes à Nice. Il obtient un an plus tard une maîtrise de peinture de fresque murale (technique ancienne) et de peinture en trompe l'oeil. Cependant il ne suivra pas cette voie non plus, et cet apprentissage le familiarise surtout avec les aspects techniques de la peinture.

Dès ses premiers pas avec la peinture "occidentale", Chris-Ailm s’éloigne très vite de la représentation selon modèle, pour n’en retenir principalement qu'une représentation imaginaire qui privilégie le mouvement. Ce mouvement du corps ou de la main qui a pour Chris-Ailm valeur matrice de découverte sur l'inconscient. En parallèle, la gestuel du corps (empreinte corporelle) s'associe dès 2005 à sa recherche poétique du langage. Depuis sa plus tendre enfance Chris imagine et transforme le monde à sa manière, inventant des sobriquets au gens de son entourage.

En 2020 par évidence évolutive, il renoue avec l'étude de l'écriture chinoise (désormais parfaitement assumé) en complétant ses connaissances de l'écriture japonaise contemporaine. Il intègre ensuite des rythmes synchrone d'inscriptions vigoureuses à la langue française et l'alphabet latin. Il élabore sur cette base un vocabulaire "calligraphique" de plus en plus abstrait. il décide de s'adonner principalement à la calligraphie expérimentale, mais sans perdre le lien avec la pratique picturale qui influence et nourrit aussi son art. Il expérimente toujours plus loin la fusion écriture/empreinte corporelle par la voie de la ligne/trait et du geste qui constituent la base de son expression artistique, et particulièrement les voies des écritures cursives extrêmes orientales.

Ces dernières années, il cherche à formuler un nouveau style de "calligraphie" qui fasse la synthèse entre les écritures artistiques latine et d'extrême orient (Chine et Japon) dans une esthétique contemporaine. Il étudie toujours à cette fin l'écriture et l'esprit des maîtres anciens chinois et les styles spontanés de l'écriture japonaise "Zen" qu’il introduit dans ses calligraphies des processus de stylisation rythmique de notre écriture.

Ses "tableaux d'écritures" sont souvent décrits comme vigoureux, audacieux et débridés voire "sauvage". En fait, Chris-Ailm explore les terra-incognita de la dé-construction figurative. La structure de ses lettres-caractères et leurs dispositions révèlent une interprétation contemporaine unique de la calligraphie libre. Les calligraphies de Chris-Ailm fusionnent la discipline de l’art de l’écriture à une dimension immanente et expressive. Elles ne cherchent pas à représenter. Elles se présentent d'elles-mêmes à l'oeil.
Les caractères chinois qu’il a appris jadis se déploient dans une mutation d'oeuvres nouvelles, et sous une forme latine visionnaire et contemporaine.  Ces "calligraphies" ne sont plus à percevoir simplement comme des mots désignant une chose donnée, mais plutôt comme une expression toute personnelle d'intériorité et de vivacité. La poésie lyrique n'est pas loin.

Quant aux expériences audacieuses de Chris-Ailm avec ses empreintes corporelles qu'il nomme « moi-peau », il vise à faire revivre dans la continuité des peintures rupestres, l’esprit de la présence matérielle du corps humain dans sa forme plastique la plus pure. Le rêve de rejoindre l'écriture corporelle originelle.

Aujourd'hui artiste à plein temps, il enseigne le dessin, la peinture, la gravure et la calligraphie à Vence. Il expose régulièrement ses créations au public et à ce jour il a participé à plus d'une centaine d'expositions en France comme à l'étranger.






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