Les peintures de Christophe Beraet se caractérisent par une combinaison distinctive d'imagerie figurative et d'abstraction surréaliste. Ses compositions énigmatiques utilisent une iconographie excentrique de personnages hybrides humains (souvent androgyne), dans des décors oniriques souvent obstrués de murs et de portes qui encadre, ferme, ouvre la composition.
Bien que chaque œuvre soit commencée sans idée préconçue du résultat final, il existe une cohérence visuelle unique et reconnaissable à l'ensemble de son œuvre. Les peintures affichent souvent des palettes de couleurs fortes mais harmonieuses, et les sujets récurrents incluent l'intégration transparente d'éléments organiques et non organiques ainsi que des références au processus créatif et à la calligraphie.

Christophe Beraet est issu de deux familles déracinées et déchirées par la seconde guerre mondiale. Il est né en 1968 à Nice et vit à Vence. Il peint, grave, sculpte occasionnellement et auteur de poésie. Il dessine depuis l’enfance et se destine à ses créations depuis l’âge de trente ans. Tout jeune, Christophe collectionne les timbres-poste illustrés de tableaux, de sculptures, de tapisseries. Fasciné par cette richesse des couleurs et des formes, il joue à les dessiner en plus grand avec l'encre et les crayons de couleurs de son arrière Grand-mère.
À vingt six ans, il décide de partir vivre en Afrique, la rencontre avec l'art africain sera importante et cette expérience le marquera pour toujours et fait naître en lui le désir de faire des masques (cf. Têtes-masques).

En 2003, il rencontre Ling Hsu une calligraphe chinoise installé à Nice avec qui il se perfectionne dans la façon de la peinture chinoise. C’est de cette époque qu’il gardera définitivement la fluidité de la matière sur la toile ainsi qu’une dextérité calligraphique exceptionnelle que l’on retrouve notamment dans ses poésies manuscrites (cf. Cercles). Après ses dix premières années d’activité solitaire, il rencontre le peintre-enlumineur Christian Geai avec lequel il va s’initier à la peinture Trompe-l’oeil et à la Fresque murale. Il va apprendre avec lui les techniques picturales anciennes dans son atelier de la rue des Ponchettes à Nice (2009-2010). De cet apprentissage traditionnel, Christophe va transformer ce savoir pour l’utiliser selon ses besoins dans ses compositions personnelles. En 2005 il fait un bref passage de 4 mois comme stagiaire à l'atelier d'art contemporain du MAMAC. Il ne retiendra de cette expérience que les «anthropométries» d'Yves Klein, qui lui donneront l’idée d’un travail introspectif pictural en face à face sensitif avec son propre corps. (cf. catalogue «Corps-Lit-Porte»). Cela aboutira dix ans plus tard à un processus d’hybridation de son empreinte corporelle avec les entités "Ange_drogynes, vers une utopie corporelle.

 

Christophe participe régulièrement depuis quelques années à des expositions en France et à l'étranger (Paris, Berlin, Potsdam, Osaka, Milan, Monaco).
Lauréat de plusieurs prix et présent dans des collections privées au Royaume-Uni, en Allemagne et en France, il est souvent remarqué pour ses peintures singulières. Il est apprécié par l'ancienne et fameuse galeriste parisienne Mme Cérès Franco («l’oeil de boeuf»), qui constitue sa vie durant une des plus importante collection d’Art Brut et singulier d’Europe. Elle sélectionne cinq grands dessins de la série «Corps-Lit-Porte» qui font désormais partie de sa collection exceptionnelle sauvegardé à la «Coopérative-Cérès Franco» à Montolieu (sud ouest de la France).




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MDA : BA44202
• 2018 Membre de la Société des Artistes Français, Paris / Médaille de bronze 2015 (section peinture)
• 2018 Prix Nicolas Cizeron (décerné à un artiste français expressionniste)
• 2015 Prix du Jury de l'Aiap-Unesco-Monaco
• 2015 Prix de Peinture de la Commission Nationale Monégasque, Monaco


• 2011-2015 Auditeur libre (Gravure, Céramique, Dessin contemporain, Histoire de l'art) à École municipale d'arts-plastiques-Villa Thiole, Nice.
• 2009-2010 Atelier Artdec - Christian Geai, Nice. Fresque murale et Trompe-l'œil.
• 2005 Assistant à l'atelier d'art du MAMAC (Musée d'Art Moderne et d'Art Contemporain) de Nice.
• 1984-1986 École des Métiers d'Arts - Cursus complet (3 ans), Tapisserie-Ameublement-Couture



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CRITIQUE D’ART


«Poète, il est plus connu pour sa peinture inclassable, vivante, complexe et tumultueuse, le plus significatif de son œuvre est sans doute cette propension libidinale du masculin/féminin, qui se retrouve jusque dans ses couleurs. Ses tableaux tissent une communion directe avec l'esprit.»

JC Guerro

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« Le frère jumeau », « les âmes sœurs », « la remplaçante », « les noces alchimiques », autant de titres évocateurs pour des toiles offrant à voir des Ange-Drogynes par paire. Alter ego ? Complices ? Clones ? Le thème du double, au sens d’une gémellité, revient comme un leitmotiv dans cette série, interrogeant, entre autres, la limite de l’enveloppe corporelle ainsi que celle de l’individualité. Qui sont donc ces personnages polymorphes ? Sont-ils reliés ? Interdépendants ? Autonomes ? Partiels ? Sont-ils tout cela à la fois ?
Pour davantage de complexité, à ces corps morcelés, entiers, parfois fusionnés ou démultipliés qui se juxtaposent, se superposent, se masquent, se fondent, jouant les uns avec les autres en une confusion parfois tapageuse ; se joignent des éléments quasi organiques, semblables à des utérus, placentas, cordons ombilical.
« C’est un accouchement sans cesse renouvelé », dit Chris Beraet au sujet de sa démarche de création. Ainsi, la plasticité atypique de ses œuvres fait-elle acte de naissance du processus pictural lui-même, tel un jaillissement de vie, jamais figé, sans cesse en devenir.

Prune Kantor

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En contemplant ses œuvres, on s’engouffre dans l’intimité de l’artiste, on s’invite dans son espace, mais on se dit qu’il y a en elles, un peu de moi, un peu de nous aussi. [...] Ses peintures, parfois terrifiantes, sont adoucies par une couleur, un trait. Il nous montre nos contradictions mais plus précisément nos fêlures, nos blessures. [...]

François Birembaux