notes blanches n°
Nice le 11 mai 2012 par Chris Beraet

Seul dans les draps où je n'aime pas rester, un nouveau dessin grogne sans fin. Il y a un nœud qui tousse depuis le début. Une nouvelle bouche possible. Un amour rythmé par la joie, une gesticulation négative ou une errance dans un champ fantastique. L'embrassement matériel des couleurs est un second voyage. Un chemin où l'on marche à découvert. Je suis ici en rétablissement. Je laisse saigner le dessin pour éviter toute automatisation. C’est 50/50. Voici la vie enfermée. Le moment est venu de chercher ses pertes. Nous tirons souvent le drap blanc pour protéger nos jambes. En position accroupie. Le dessin comme support méditatif.
Des yeux surprenants brouillent l’ampleur de la largeur, irréconciliable avec la tête. Le seul ami, le frère d'armes à contre glissade. Peut-être y a t-il autre chose à venir. Elle pose un genou devant l’autre, mais cela fait trois jambes maintenant.
 

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Nice le 11 mai 2012 par Chris Beraet

Le monde et le corps des gens sont empoissonnés. Ils modifient le corps des gens pour plus de rentabilité commerciale. Ils maculent la terre en profondeur et la nature avec moquerie. Les animaux sont génétiquement modifiés pour asservir l’industrie. La santé des gens n’est pas rentable. Cette planète n’est elle pas notre maison commune ? Mais quel autre refuge dans le cosmos pour l’homme sain ? Les bonnes gens regardent ailleurs. Presque tous sont amoureux du sacro-saint écran aliénant, le plus grand possible s’il vous plaît. Ils déclinent maintenant des mini-écrans portables, pour tenter l’aliénation 24/24h et l’effacement du raisonnement. Ils parlent d’implanter des puces électroniques sous la peau. L’automatisation de la pensée humaine est déjà commencé. On peut reconnaître les zombies à leurs fausses lumières dans les yeux. Les choses continuent dans le même abrutissement collectif. Les poètes renaîtront plus tard. Je ne peux plus parler. Le vent entre dans ma bouche et transforme mes dents en étoiles et ma langue en comète.
 

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Nice le 11 mai 2012 par Chris Beraet

La ligne du fusain écarte mon horizon. Révèle le vide. À l'origine de toutes mes peintures, il y a un dessin. Il est en dessous et au dessus. Je considère mes peintures comme des dessins colorés mais pour autant, il ne me semble pas que mes dessins soient ceux d'un dessinateur. M'intéressent dans le dessin ces cas limites où le terrain acquis devient incertain, où l'image mentale se défait pendant la progression. Tout ne passent pas par le geste. Les réactions extatiques des corps me font craindre la rupture. La question a disparue. Le dessin surgit. À cette étape tout devient encore possible. L'ancienne image persiste et le rapport devient plus improbable. C'est l'impasse, tout semble perdu quand quelque chose de neuf l'emporte. Un signe, un appel se transpose et impose son caractère comme une évidence.
 

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Nice le 11 mai 2012 par Chris Beraet

Les murs ignorent nos artères, c'est pourquoi il y a souvent un mur derrière mes corps, comme dans le théâtre Nô. L'art est une respiration. Malgré tout le soin apporté aux poudres d'étoiles colorées, la peinture à l'huile, à l'acrylique, à la gomme courent toujours sur la scène dans tout les sens. Quand la peinture habite la tête de couleur, elle tire sur un pied, elle courre sur un muscle. Lorsqu'il se penche en avant, il quitte sa chaise pour cacher sa folie, c'est aussi pour cette raison, qu'il n'aime pas les femmes. Elles sont trop souvent dans le jugement. Quand le dessin se dilate, l'inéluctable position verticale s'installe. Puis, l'espace psychologique.
 

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Nice le 11 mai 2012 par Chris Beraet

La pantomime est là !
Si je peins une chaise, elle va caresser ses jambes comme dans les peintures byzantines. Le glissement de la scène s'effectue. Le choix du don de soi est un amour brûlant.
Il n' y a pas d'odeur à la peinture, seulement à la matière. Ceux qui s'opposent à la peinture portent leurs méthodes visuelles là où la lune éclaire l'intérieur de leurs crânes, en commençant par l'observation du petit doigt. Je m'éloigne.
 

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Nice le 11 mai 2012 par Chris Beraet
Au petit matin, un vent a porté une question qui a ébranlé mon nouveau dessin. J'ai la nausée de perdre la pantomime de la pure ardeur. La perte d'énergie des pauvres années sont rejetées dans les espaces vides. C'est ce qui explique le titre.
 

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Nice le 11 mai 2012 par Chris Beraet

Le poète a toujours des chaussures neuves qui le projette toujours plus loin dans le vieux vortex. Malgré les apparences, le poète a de la peine à aimer, c'est ainsi qu'il devient poète, qu’il devient son propre maître. Rien n'est solide, tout est énergie dans l’univers. Le poète est de plus énergie païenne. Encore vingt ans, puis j'irai laver mon cœur à la douche de la nation. Je ne peux pas écrire les pensées muettes qui s'empare de mon dessin.
 

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Nice le 11 mai 2012 par Chris Beraet

J'ai retrouvé mon nez en sang. L'aridité de l'air claque chaque jour. Mêmes les morts ont perdu leurs couleurs. Tous les angles sont arrondies. Nous sommes dans un champ d'illusion permanente un peu comme dans 1984. Le théâtre de la secte contemporaine subventionné a besoin de nombreuses images et encore plus de textes. Tout serait en ordre parfait si ils n'avaient pas crachés sur les mains des artistes. Leurs bouches vulgaires avalent en entier leurs doigts de pieds. Ce qui les empêchent d’avancer. Leurs pseudos artistes avalent les couleuvres. Les uns rient derrière les tableaux, les autres mangent la bouillie. Alors, pourquoi peindre ? Et bien pourquoi pas ? Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Une civilisation de fausses élégances et de cupidités n’empêchent pas les possibles. La vie est le jeu le plus utopique.
Toujours somnambule, je ne peux pas en dire plus, cela relève de la mathématique. L'exemple des anciens porte la méthode des nouveaux. Les étourneaux dansent devant le rythme étrange de l'excroissance des idées tardives, comme de longs échos se confondent devant une montagne dépeuplée.
 

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Nice le 11 mai 2012 par Chris Beraet

Un éclat de lumière. Je me retrouve avec le tic-tac oisif de la vieille souffrance colorée. Après les cordes désordonnées du dessin requis. Je rebâtis le long de son dos, pour venir lécher les doigts élégants d'un cannibale, dont le festin est fini. Le reste du repas a disparu et Roberto fume sur le balcon.
Les sentiments d'emportement de Christine survivent au réconfort hygiénique. Son amour des médias en direct a dépassé ses années de labeurs.
 

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Nice le 11 mai 2012 par Chris Beraet

Tout le soin apporté à l’ouvrage de la peinture, la vibration enveloppante de mon noir «cosmique», la couleur du vomit, la rouille et la chair comme le reste iront peut-être dans les containers ménagers. Éteignez toutes les lumières, les oiseaux ont changés de couleurs, pour une durée indéterminée. Dans les exemples officiels, je n'aime pas les manifestations contemporaines, ni photographiques de la classe à l'esprit gelé. Le spectacle-dieu-concept de remplacement a été célébré avec enthousiasme par tous. Ils ont marqué leurs choix sans aucune décision. La vie continuera, mais sans aucune écriture.